2025-09-22
Journal Au-delà du score!
Francis Millaire
À Mont-Laurier, plusieurs connaissent déjà son sourire franc et son regard pétillant. Mais sur la glace, Audrey-Ann Lajeunesse devient une tout autre personne : une patineuse synchronisée talentueuse, persévérante et profondément attachée à son sport. Depuis sept ans, elle évolue avec Les Suprêmes Senior, l’une des meilleures équipes de patinage synchronisé au monde. Son parcours est marqué par la passion, la discipline… et une histoire familiale où le patinage occupe une place centrale.
Des débuts presque flous, mais déterminants
Ses premiers souvenirs sur la glace remontent à l’âge de deux ans, chez ses grands-parents qui habitaient au bord d’un lac. « C’est encore flou, je ne pourrais pas dire si c’était un coup de foudre, mais je sais que c’est là que tout a commencé », raconte Audrey-Ann. Très tôt, le patin s’est imposé comme une évidence. Elle y a trouvé un terrain de jeu pour exprimer sa curiosité et son envie d’explorer différents styles. « Je me décrirais comme une patineuse versatile », résume-t-elle.
Un héritage maternel précieux
Si le patin occupe une place si importante dans sa vie, c’est aussi grâce à sa mère, Annie Pelletier. Figure bien connue dans le milieu sportif, Annie a été son modèle, son entraîneure et sa plus grande source d’inspiration. « Sans elle, je ne me serais jamais rendue où je suis », confie Audrey-Ann avec émotion. Encore aujourd’hui, sa mère l’accompagne à distance, par un message d’encouragement avant chaque compétition internationale ou par un simple contact visuel dans les gradins. C’est aussi elle qui lui a transmis une sagesse qu’Audrey-Ann applique toujours : ne pas se laisser envahir par les émotions négatives et garder le cap sur l’essentiel.
Les Suprêmes : une famille sur glace
Dans l’équipe des Suprêmes, Audrey-Ann a trouvé bien plus qu’un collectif de 20 patineuses : une véritable famille. « Nous ne sommes pas toutes les meilleures amies, mais nous nous respectons énormément. C’est une équipe soudée », explique-t-elle.
Le souvenir le plus marquant reste celui des Championnats du monde, remportés après une saison bouleversée par la pandémie. Blessures, absences liées à la COVID, manque de compétitions préparatoires : rien n’était gagné d’avance. « Quand on a appris notre victoire, c’était le moment le plus festif et émotif de notre parcours. La cerise sur le sundae », se souvient-elle en riant.
Entre glace et salle de classe
Car Audrey-Ann n’est pas seulement patineuse : elle est aussi enseignante de mathématiques au secondaire. Conciliant études universitaires, stages et compétitions internationales, elle a appris à vivre au rythme d’un calendrier minutieux. « L’organisation était essentielle. Heureusement, mes professeurs ont toujours été compréhensifs », explique-t-elle. Aujourd’hui, ce qu’elle a appris en synchro — l’esprit d’équipe, la communication, la discipline — se reflète dans sa façon d’enseigner.
Des rêves et une fierté
Si elle aurait aimé voir le patinage synchronisé aux Jeux olympiques, Audrey-Ann garde une immense fierté d’avoir déjà réalisé l’un de ses plus grands rêves : devenir championne du monde. À chaque saison, elle espère revivre cette émotion unique.
Et si elle devait partager la glace avec un athlète d’exception? Son choix se tournerait vers Jason Brown, pour son art et sa fluidité, ou encore Tessa Virtue et Scott Moir, ses idoles de toujours.
Des petites anecdotes qui font sourire
Comme toutes les patineuses, Audrey-Ann a aussi ses souvenirs cocasses : un gant coincé dans sa robe pendant un programme ou encore une coéquipière obligée d’arracher discrètement un morceau de costume pour éviter une pénalité. « Sur le moment, c’est stressant… mais après, ça devient des fous rires partagés », raconte-t-elle avec complicité.
Une histoire d’amour sur glace
Aujourd’hui encore, Audrey-Ann trouve une énergie nouvelle chaque fois qu’elle patine. Parmi toutes les musiques qui ont marqué son parcours, une reste gravée dans son cœur : L’hymne à l’amour, dans l’interprétation de Céline Dion aux Jeux olympiques. « C’est une chanson qui me permet de transmettre mes émotions. »
Et c’est bien ce qui définit Audrey-Ann Lajeunesse : une patineuse de talent, mais surtout une jeune femme qui, de Mont-Laurier à la scène mondiale, a su transformer une passion en une histoire d’amour intemporelle.

