Pour clore le mois en force, Le Journal Au-delà du score, en collaboration avec ATELIER VÉLO FAMILLE, est fier de vous présenter Christian Parent.

Hockey, natation, vélo, marathon, triathlon…
Christian Parent est un multi-athlète complet, mais surtout un homme de cœur.

Au-delà des disciplines et des performances, Christian incarne les valeurs qui rassemblent : passion, constance, dépassement de soi et générosité. Il roule, nage et court avec la même intensité qu’il s’investit auprès des autres.

ATELIER VÉLO FAMILLE, c’est bien plus qu’un atelier :
c’est un lieu de partage, de transmission et de communauté — des valeurs parfaitement reflétées par ce portrait d’athlète. Soutenir des gens comme Christian, c’est encourager un mode de vie actif, humain et accessible à tous.

Merci à ATELIER VÉLO FAMILLE de pédaler avec nous au-delà du score, et de mettre en lumière des athlètes qui inspirent bien plus que des résultats.

Parce qu’ici, l’humain passe avant la ligne d’arrivée.

2026-01-29
Par Francis Millaire

Christian Parent — L’appel du mouvement

Il y a, dans le regard de Christian Parent, cette lumière tranquille qu’on retrouve chez ceux qui ne cherchent pas à briller, mais à vivre pleinement chaque instant. Pour lui, le sport n’a jamais été un simple passe-temps. C’est une respiration, un fil conducteur qui relie l’enfant qu’il était sur les patinoires glacées de Mont-Laurier à l’homme qu’il est devenu, solide, sensible, et toujours animé par la passion du dépassement.

Les débuts d’un jeune Laurier montois

C’est sur les patinoires extérieures de la Madone et du Rapide, entre 1965 et 1970, que tout a commencé. Là, dans le froid mordant, le petit Christian découvrait la camaraderie, la compétition, mais surtout le plaisir pur de bouger.
« Comme tout bon jeune Lauriermontois », dit-il avec humilité, comme si ce n’était qu’un passage ordinaire de jeunesse. Mais déjà, quelque chose vibrait en lui — une soif d’effort, un besoin viscéral de mouvement.

À seize ans, il commence à diversifier ses horizons : course à pied, ski de fond, canot. Ce sera le début d’une longue histoire d’amour avec le sport, qui ne s’est jamais arrêtée.

L’homme des saisons

Aujourd’hui encore, Christian bouge presque chaque jour.
Hockey, course à pied, vélo, ski de fond, golf — chaque sport correspond à une facette de lui. Le hockey pour la camaraderie. La course pour la liberté. Le vélo pour la route qui défile sous les roues. Et le ski de fond… pour la paix intérieure.

« Ce sport est vraiment ma passion », confie-t-il. En hiver, il glisse presque tous les jours sur la neige, fidèle à cette discipline silencieuse qui marie effort et contemplation.
Il n’a pas de routine figée. Il suit la météo, ses envies, la disponibilité des amis. Car pour lui, le sport n’est pas une obligation : c’est un appel.

L’Aconcagua — Le sommet du cœur

En 2006, après avoir vendu son commerce de meubles, Christian s’accorde une année sabbatique. C’est alors qu’une expédition se prépare : gravir l’Aconcagua, sommet mythique de 6 962 mètres, pour la Fondation des maladies du cœur.
L’invitation vient d’une amie… la conjointe de son meilleur ami, décédé d’un infarctus à 42 ans.

Cette ascension ne sera pas qu’un défi physique. Ce sera un pèlerinage intérieur, un hommage.
« Ce fut pour moi un énorme défi, mais tellement gratifiant », raconte-t-il. Le 12 janvier 2007, après douze jours d’effort, il atteint le sommet. Là-haut, dans le vent et le froid, il mesure toute la force de la volonté humaine.
« Nous pouvons toujours atteindre nos objectifs si nous y mettons de la discipline et beaucoup de volonté de réussir. »
Mais entre les lignes, on devine autre chose : une promesse tenue à un ami parti trop tôt.

À 62 ans, un premier Ironman 70.3 réussi!

Tout a commencé avec un triathlon en famille, aux côtés de mes deux enfants, Marie-Hélène et Mathieu. Je voulais simplement vivre l’expérience, voir si ce type de défi me plairait. Le vélo et la course à pied ne m’inquiétaient pas trop… mais la natation, c’était une autre histoire!

J’ai donc pris le temps d’apprendre. À mon rythme, j’ai commencé à nager, pris des leçons, et petit à petit, j’ai réussi à nager un kilomètre en lac — une belle victoire en soi.

Puis, l’idée d’un Ironman 70.3 s’est imposée. À 62 ans, j’ai intensifié mon entraînement durant l’hiver, en m’appuyant sur mes kilomètres de ski de fond. Dès avril, j’ai mis les bouchées doubles.

Le jour de la course, j’ai donné tout ce que j’avais. Résultat : un temps de 5h29 et une 5e place dans ma catégorie. Une fierté immense, et la preuve que l’âge n’est jamais une limite quand on y met du cœur.

Les traces du passé

En 1975, à 17 ans, Christian vit un autre chapitre fort : son passage au camp d’entraînement des Castors de Sherbrooke, équipe phare de la LHJMQ.
Le rêve est grand, mais la vie, parfois, est dure. Il s’y rend quelques jours à peine après la noyade de son frère Jocelyn.
Cette douleur silencieuse, il la porte encore, mais elle a façonné en lui une force douce, une maturité rare pour son âge.
Le hockey l’a aidé à continuer, à transformer la peine en énergie. De retour à Mont-Laurier, il devient le tout premier capitaine des Montagnards — un rôle qu’il assume avec fierté et humilité.

Le canot, la discipline et l’amitié

De tous les sports qu’il a pratiqués, le canot reste celui qui l’a le plus marqué.
Un sport exigeant, technique, souvent ingrat. Mais pour lui, il incarne la discipline, l’endurance et la beauté du mouvement en duo.
Avec son partenaire et ami Mario Cloutier, il a vécu des années mémorables, les bras brûlants d’effort, mais le cœur léger.
« Le feeling d’être sur l’eau pendant des heures est vraiment plaisant », dit-il. Et dans sa voix, on sent toute la tendresse d’un homme qui sait savourer la simplicité.

La philosophie du plaisir

Pour Christian, le sport n’est pas une compétition contre les autres. C’est une conversation avec soi-même.
« Parfois c’est seulement 30-45 minutes de course, mais si je passe une journée sans bouger, c’est comme s’il me manque quelque chose. »
Il ne prêche pas la performance, mais le plaisir.
« La principale chose qui me guide, c’est d’être bien dans ma peau jour après jour. »

Transmettre le mouvement

Son engagement ne s’arrête pas à sa propre pratique.
Comme directeur des loisirs et du Parc régional de la Montagne du Diable, il a semé le goût du plein air chez d’innombrables jeunes et familles. Il a initié au ski de fond, encouragé à sortir, à respirer.
Car il en est convaincu : le sport est une école de vie.

S’il devait transmettre une seule leçon, ce serait celle-ci :

« Le sport doit toujours nous apporter du plaisir. Nous le pratiquons d’abord pour nous, pour nous garder en santé. »

Une vie en mouvement

À travers les années, les défis, les douleurs et les victoires, Christian Parent est resté fidèle à lui-même : un homme simple, sincère, passionné.
Un homme qui bouge pour vivre, qui vit pour bouger.
Un homme qui, derrière chaque foulée, chaque coup de patin, chaque coup de rame, cherche une chose essentielle : rester vivant, pleinement, profondément.