Mont-Laurier, 2 mars 2026
Par Francis Millaire
Et il y a celles qui vivent leur sport.
À 13 ans, Zoé Oster-Leblanc fait partie de cette deuxième catégorie. Une multi-athlète énergique, intense, impossible à tenir en place. « Depuis que je suis toute petite, je ne peux pas m’empêcher de gigoter », dit-elle en riant. Le mouvement fait partie d’elle. Mais s’il y a un endroit où toute cette énergie trouve enfin son sens, c’est sur la glace.
Le hockey n’a pas été un simple essai. Ce fut une révélation.
« Dès la première fois que j’ai chaussé mes patins, je me suis sentie bien… à ma place. »
Sur la glace, le bruit s’éteint. Les soucis disparaissent. Zoé entre dans une zone où seul le moment présent existe. Une concentration totale, presque instinctive. Son corps suit, encaisse, avance. « Je pense que mon corps est une vraie machine de guerre, prête à souffrir pour atteindre mes désirs. »
Ce qui la pousse à revenir jour après jour? Le dépassement de soi.
Devenir meilleure, un entraînement à la fois. Les pratiques ne sont jamais une corvée — elles sont une opportunité. La détermination est son moteur.
« Vouloir atteindre son but, persévérer… sans ça, peu importe le sport, tu ne réussiras jamais. »
Huit heures de hockey par semaine.
Sommet, profil, Draveurs, séances de tirs, patinoire extérieure, entraînements physiques. Le volley devient une pause, le soccer un plaisir estival pour rester en forme. Même la pêche, pourtant associée au calme, se transforme chez elle en montée d’adrénaline.
« Une fois ma canne à la main, je pense juste à sortir le monstre du lac! »
Ce qu’elle aime par-dessus tout? Les matchs.
Parce qu’ils forgent. Parce qu’ils rapprochent. Parce qu’ils permettent de se mesurer, d’apprendre, de rencontrer. Et malgré l’intensité, Zoé reste fidèle à ce qu’elle est : une fille au sourire facile, toujours énergique avec ses ami(e)s, qui garde ses problèmes pour elle.
Derrière l’athlète, il y a aussi une famille essentielle.
Ses parents, dont l’implication — en temps comme en sacrifices — joue un rôle vital dans son développement. Sa sœur Jade, souvent présente dans les estrades ou à l’entraînement. Léo et Mila, sont là, lorsqu’ils peuvent. Mais savoir sa famille dans les gradins ajoute une pression… positive. Celle qui pousse à se dépasser.
Parmi ses souvenirs marquants, un tournoi ressort : Vaudreuil-Dorion, en catégorie atome. Une victoire magique. Mais avec le recul, autre chose la touche encore plus : avoir affronté une équipe entièrement féminine en finale. « Je trouve ça inspirant. »
Aujourd’hui, le hockey féminin a changé. Les portes s’ouvrent. Les ligues existent. Les rêves prennent forme. Pour Zoé, tout est devenu plus clair : il y a maintenant un objectif, une destination. Elle ne rêve pas nécessairement d’être la meilleure marqueuse. Elle rêve d’être connue, inspirante, une référence pour les jeunes filles. Une idole pour les hockeyeuses de demain.
La saison actuelle lui apporte d’ailleurs une grande fierté. Les tirs entrent enfin. Le travail acharné porte ses fruits. « Je me donne corps et âme depuis le début de l’année. Je suis fière de voir que mes efforts mènent à quelque chose. »
Mais le chemin n’est pas toujours facile.
Jouer avec les garçons demande du caractère. Les commentaires déplacés existent. Les préjugés aussi. Pourtant, son message reste clair : ne jamais baisser les bras, peu importe les obstacles.
À 13 ans, Zoé Oster-Leblanc n’a peut-être pas encore toutes les réponses.
Mais une chose est certaine : son feu intérieur, sa détermination et son amour du hockey la propulsent déjà au-delà du score.


