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Ferme-Neuve a vu grandir une athlète pas comme les autres. Depuis dix ans, Marie-Lyne Doré fait du triathlon son terrain de jeu, jonglant entre sa carrière d’ingénieure civile, son rôle de mère et une discipline sportive qui exige tout : corps, esprit et organisation.

Ce qu’elle aime ? L’Ironman. Une épreuve titanesque de 3,8 km de nage, 180 km de vélo et un marathon. Elle en a déjà complété cinq et s’apprête à en attaquer un sixième. Mais attention, Marie-Lyne ne se définit pas seulement par cette distance mythique : elle performe aussi en demi-Ironman, en sprint, en olympique… et continue d’empiler les podiums.

Son palmarès parle de lui-même. En 2024, à 41 ans, elle a signé sa meilleure saison à vie : première à toutes ses courses, victoire éclatante au demi-Ironman Western du Massachusetts avec près de cinq minutes d’avance sur la deuxième, et reconnaissance locale avec le titre d’Athlète de l’année aux Bermudes, l’île où elle vit depuis plus de 12 ans avec son mari et ses deux filles. Sur la photo de ce moment, elle pose fièrement aux côtés de Flora Duffy, championne olympique et star mondiale du triathlon.

Pourtant, son histoire est aussi celle d’un quotidien bien rempli. Lever à 4 h 30 pour placer trois heures de vélo avant de conduire les filles à leurs activités de soccer, de natation ou de violon. Vingt-deux heures d’entraînement, quarante-cinq heures de travail et une vie de famille à coordonner, semaine après semaine. « C’est une question d’organisation. J’ai un coach, tout est planifié, et j’essaie de ne rien laisser tomber. Mais il y a des moments où c’est difficile… », avoue-t-elle, sourire en coin.

Son parcours n’a rien de linéaire. Ancienne nageuse, elle a repris le sport à l’âge adulte, sans expérience particulière en vélo ou en course. « Quand j’ai acheté mon premier vélo, je ne savais même pas changer les vitesses ! » Aujourd’hui, elle sait que le triathlon est devenu plus qu’un sport : une hygiène de vie. « Si je ne m’entraîne pas, je dors mal. Ça m’aide à canaliser mon énergie et à rester concentrée. »

Sa plus grande inspiration ? Son père. À plus de 70 ans, il court toujours, vise des temps impressionnants et partage parfois la ligne de départ avec elle, comme au demi-marathon de New York. « C’est un beau modèle. Il me prouve qu’il n’y a pas d’âge pour commencer ou continuer. »

Marie-Lyne le répète souvent : le triathlon est un sport où l’on court d’abord contre soi-même. « Chaque personne a son objectif. Moi, j’aime la compétition et les podiums. Mais pour d’autres, le défi est simplement de finir la course. C’est ça qui est beau. »

À 41 ans, elle sait qu’elle ne deviendra pas professionnelle, mais ça n’a jamais été l’objectif. Ce qui compte, c’est d’être encore compétitive, de montrer l’exemple à ses filles, et de prouver qu’avec de la discipline et de la passion, on peut repousser ses limites à tout âge.

Et si on lui demande ce qu’elle dirait à quelqu’un qui hésite à se lancer ? Sa réponse est simple :

« Il n’y a pas d’âge pour commencer. Pas besoin de viser un Ironman dès le départ. Une marche, un 5 km, un petit triathlon… Ce qui compte, c’est de bouger. Après, la plus belle victoire, c’est toujours sur soi-même. »

Une performance inspirante à Kona !

La triathlète Marie-Lyne Doré a réalisé un exploit incroyable au prestigieux Championnat du monde IRONMAN à Kona, Hawaï, il y a deux jours.

Avec un temps impressionnant de 10 h 22, elle termine 8e au monde dans sa catégorie d’âge (F40-44) — un résultat qui témoigne de sa détermination, de son travail acharné et de sa passion sans limites.

Félicitations Marie-Lyne pour cette performance remarquable qui fait briller notre région jusque sur la scène internationale !