Ta passion, ton histoire — Jean-Philippe Bélair
Ancien résident de Mont-Laurier, Jean-Philippe Bélair portait les couleurs des Draveurs il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui directeur d’école, cet ancien enseignant en éducation physique est aussi entraîneur, père de famille et triathlète.
Dans cette nouvelle chronique, le Journal Au-delà du score vous invite à découvrir son parcours, les passions qui l’animent et la place du sport dans sa vie.
Cette chronique est une présentation du restaurant Le Rapide de Mont-Laurier.
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Découvrez l’histoire de Jean-Philippe Bélair dans « Ta passion, ton histoire ».

Directeur d’école, ancien enseignant en éducation physique, entraîneur, père de famille et triathlète, Jean-Philippe Bélair avance avec une conviction profondément ancrée : la réussite ne se mesure pas uniquement au chronomètre, mais dans la capacité de persévérer jusqu’à la ligne d’arrivée.

Par Francis Millaire
Chronique « Ta passion, ton histoire » — Journal Au-delà du score
À 44 ans, Jean-Philippe Bélair n’a jamais vraiment connu une vie sans sport. Du hockey de sa jeunesse au triathlon, en passant par son engagement auprès des jeunes, l’activité physique a toujours occupé une place centrale dans son parcours.
Pour lui, le sport n’est pas simplement une façon de garder la forme. Il est une école de vie, un moteur de dépassement et un formidable outil de transmission.
Sa passion pour le triathlon est née il y a une douzaine d’années, alors qu’il travaillait comme professeur d’éducation physique. Un bon ami lui avait lancé le défi de participer à un triathlon sprint. Jean-Philippe a accepté… et la piqûre a été immédiate.
« J’aimais l’ambiance des fins de semaine de course avec les autres athlètes. Comme enseignant en éducation physique, je trouvais aussi que cela donnait l’exemple », raconte-t-il.
Il découvre rapidement le plaisir — et l’exigence — d’un sport réunissant la natation, le vélo et la course à pied. Son passé de hockeyeur lui procure une puissance naturelle sur le vélo, qui devient sa plus grande force. La natation, plus difficile au commencement, exige énormément de travail, mais finit par devenir une discipline dans laquelle il se sent pleinement à l’aise.
La course à pied demeure toutefois son plus grand défi.
« C’est la discipline avec laquelle on termine. Quand tu arrives à la course, tu as déjà la natation et le vélo dans le corps. »
Malgré la fatigue, les douleurs et les imprévus, une sensation continue de le pousser : celle de franchir la ligne d’arrivée.
Des expériences qui forgent un athlète
En 2017, Jean-Philippe connaît l’un des grands moments de son parcours. Lors de l’Ironman 70.3 de Mont-Tremblant, il réalise un temps de 4 h 43 et obtient sa qualification pour le Championnat du monde Ironman 70.3 à Chattanooga, aux États-Unis.
Quelques mois plus tard, il se retrouve donc sur la même ligne de départ que certains des meilleurs triathlètes de la planète.
« C’était assez incroyable. La course était vraiment intense. Pouvoir vivre un championnat du monde avec les meilleurs représentait quelque chose de très spécial. »
Deux ans plus tard, il s’attaque à l’Ironman de Mont-Tremblant. L’expérience lui rappelle brutalement que, dans une épreuve d’endurance, le respect du plan de course peut faire toute la différence.
Jean-Philippe roule plus rapidement que prévu pendant la portion de vélo. Cette dépense d’énergie lui revient durement lors du marathon. Au 25e kilomètre de la course à pied, il frappe ce que les athlètes appellent « le mur ».
Il lui reste alors près de 18 kilomètres à parcourir.
« Ça a été très long. Je n’avais pas respecté mon plan de course à vélo et j’en ai payé le prix pendant la course à pied. »
Abandonner aurait pu lui traverser l’esprit. Pourtant, pour Jean-Philippe, cette possibilité n’a jamais réellement existé.
« Abandonner n’a jamais été une option. Sur les longues distances, le mental joue un rôle énorme, particulièrement vers la fin. »
Cette expérience lui enseigne l’une des leçons fondamentales du triathlon : au cours d’une longue journée, tout peut changer. Il faut éviter de regarder trop loin devant soi et apprendre à progresser une étape à la fois.
Le Canadaman : bien plus qu’une compétition
En 2023, Jean-Philippe relève le défi le plus exigeant et le plus significatif de sa carrière sportive : le Canadaman/Woman, un triathlon extrême présenté dans la région de Lac-Mégantic.
Cette épreuve redoutable se termine au sommet du mont Mégantic, près de l’observatoire. Mais derrière ce défi se cachait une motivation dépassant largement la performance sportive.
Jean-Philippe souhaitait recueillir 25 000 $ afin de contribuer à la rénovation de la cour de son école primaire.
« C’était un défi que je voulais vraiment relever. Le Canadaman est reconnu comme l’un des triathlons les plus difficiles au monde, mais il y avait aussi toute la raison derrière ma participation. »
Au terme d’une journée éprouvante, il atteint finalement l’observatoire du Mont-Mégantic. Des amis, des collègues et des élèves de son école sont présents pour l’accueillir et l’encourager.
Cette arrivée demeure aujourd’hui l’un des souvenirs les plus puissants de sa vie.
« Le Canadaman est sans aucun doute l’épreuve qui m’a le plus transformé. Il y avait des collègues, des amis et des élèves de l’école. Certains se sont même mis au triathlon à la suite de cette journée. »
Son exploit avait dépassé le cadre individuel. En allant jusqu’au bout, Jean-Philippe avait semé chez d’autres le désir de bouger, de rêver et de se dépasser.
De l’éducation physique à la direction d’école
Après le Canadaman, Jean-Philippe ressent le besoin de relever un nouveau défi, cette fois sur le plan professionnel. Enseignant en éducation physique depuis plusieurs années, il choisit de devenir directeur d’école.
« La direction d’école était quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Après le Canadaman, j’ai senti que le moment était venu de relever cet autre défi. »
Il voit de nombreuses ressemblances entre un parcours scolaire et une épreuve d’endurance. Dans les deux cas, la route est longue, remplie d’obstacles et de moments de doute. La progression demande de la patience, du travail et de la constance.
Les valeurs qu’il cherche à transmettre aux jeunes sont donc les mêmes que celles qui l’accompagnent dans le sport : persévérer, conserver une bonne attitude et ne jamais abandonner.
« Peu importe le temps que tu vas réaliser, l’important est de franchir la ligne d’arrivée. »
Pour Jean-Philippe, le sport devrait d’ailleurs occuper une place prioritaire dans le développement des enfants.
« Un jeune en santé est un jeune qui pourra être dans de meilleures dispositions pour apprendre. »
Toujours un entraîneur dans l’âme
Même s’il est aujourd’hui directeur, Jean-Philippe n’a jamais perdu le désir d’accompagner les jeunes sur le terrain. Il agit comme entraîneur de soccer et siège au conseil d’administration du Révolution FC.
Son fils aîné, Louis-Mathieu, est passionné de soccer. Jean-Philippe souhaite l’accompagner comme lui-même a été guidé lorsqu’il était jeune hockeyeur.
« J’ai toujours été un coach dans l’âme. Comme directeur d’école, j’ai moins de contacts directs avec les jeunes. Lorsque je me retrouve sur un terrain de soccer, je renoue avec cette proximité. »
La persévérance demeure au cœur de son enseignement, même si le compétiteur en lui ne renie pas le plaisir de gagner..
« La réponse politique serait de dire que persévérer est toujours ce qui compte, et c’est vrai. Mais comme je suis un compétiteur, je crois aussi qu’on peut persévérer et apprendre en gagnant. Cela dit, la défaite fait partie du jeu! »
Une aventure vécue en famille
Derrière l’athlète et les nombreuses heures d’entraînement se trouvent sa conjointe, Audray Dostie, ainsi que leurs deux garçons, Louis-Mathieu et Marc-Olivier.
Leur soutien est indispensable.
« Il est primordial. Nous avançons à quatre. Ce n’est pas seulement moi qui avance; j’ai besoin d’eux. »
Ses garçons l’ont toujours connu comme un père actif, engagé et constamment à la recherche d’un nouveau défi. Jean-Philippe ne croit pas qu’ils mesurent encore pleinement tout ce que ses défis représentent. Avec les années, ils comprendront peut-être davantage les exemples qu’il a voulu leur transmettre.
Louis-Mathieu développe sa passion sur les terrains de soccer, tandis que Marc-Olivier pratique le triathlon. Une possibilité particulièrement motivante se dessine maintenant pour Jean-Philippe : partager un jour la même ligne de départ que son plus jeune fils.
Depuis son Canadaman, il a considérablement diminué le rythme. L’épreuve de 2023 a demandé un investissement physique et mental immense. Il s’entraîne maintenant tôt le matin, avant le travail, ainsi que certaines fins de semaine, en prenant soin de préserver l’équilibre familial.
Il envisage néanmoins un retour prochain à la compétition.
« J’aimerais revenir avec un niveau d’entraînement raisonnable, pour bien performer, mais sans retourner à l’intensité de 2023. Et j’aimerais vraiment prendre un départ avec mon garçon un jour. »
Retrouver l’essence du triathlon
Comme plusieurs athlètes, Jean-Philippe a vu sa définition de la réussite évoluer. Au commencement, terminer une épreuve représentait l’objectif principal. Avec l’expérience, le chronomètre et le classement ont progressivement pris plus d’importance.
Cette recherche de performance peut toutefois devenir un piège.
« C’est parfois à ce moment-là qu’on perd l’essence même du triathlon, qui est le dépassement de soi. »
Le Championnat du monde Ironman à Kona demeure quelque part dans ses rêves. Cette course mythique l’habite depuis longtemps, même s’il précise qu’il ne s’agit pas d’un objectif à court ou à moyen terme.
Et s’il pouvait donner un conseil au Jean-Philippe de ses débuts? Il choisirait l’humour : « Je lui dirais que ce n’est pas nécessaire d’avoir plusieurs ensembles de roues pour aller plus vite à vélo! »
Plus sérieusement, il lui rappellerait probablement de savourer le processus, de faire confiance au travail accompli et de ne jamais oublier les véritables raisons qui l’ont amené vers ce sport.
À ses garçons, il souhaite laisser un message semblable : avec du travail et une bonne attitude, les belles choses finissent par arriver, même lorsqu’elles prennent du temps.
Le sport n’a pas changé la vie de Jean-Philippe Bélair. Il en fait partie depuis toujours. Il a façonné l’athlète, l’éducateur, le directeur, l’entraîneur et le père qu’il est devenu.
Si sa passion pouvait raconter son histoire à sa place, elle dirait simplement :
« Il faut prendre le temps de vivre chaque étape du processus pour arriver à ses fins. »


