2025-10-25
Au-delà du score
Par Francis Millaire

Un matin qui change tout

Il est 8 h du matin à Montréal. Dans un gymnase encore tiède, les ballons rebondissent et les chaussures crissent sur le plancher. Lilou Legault, tout juste 16 ans ce jour-là, s’avance au service. Elle aligne un… deux… dix… vingt-cinq services de suite. Score final du set : 25–0. Les Vipères viennent de frapper un grand coup à la Coupe de Montréal. Pour Lilou, ce n’est pas qu’un chiffre. C’est un symbole. Le signe qu’elle entre dans le monde du volleyball par la grande porte.

Une vocation née à l’école Sainte-Eugène

La passion commence bien avant. À l’école Sainte-Eugène, la petite Lilou découvre le volleyball auprès de ses profs Véronique Houde et Serge Flamand. « C’est eux qui m’ont appris les bases, mais à la base je voulais jouer parce que ma grande sœur Livia en faisait déjà. » Dans ce gymnase de son enfance, l’étincelle s’allume.

Des souvenirs gravés dans le cœur

Parmi tous ses moments forts, Lilou évoque avec émotion le quart de finale du tournoi Best of the West. Son équipe affronte le futur champion canadien U17. « C’était la meilleure game de volleyball de ma vie ! Même si on a perdu en trois sets, j’étais juste reconnaissante de jouer à un niveau aussi élevé. » Elle garde aussi précieusement en mémoire la médaille d’argent nationale remportée dès sa première année avec son club.

La pression comme carburant

Chez Lilou, la pression n’écrase pas : elle propulse. Elle respire, écoute Le But de Loco Locass et se visualise en train de réussir. « Je me rappelle toujours à quel point je suis chanceuse de pratiquer mon sport. »

Libéro : la sentinelle du terrain

Quand la plupart des jeunes rêvent d’attaques spectaculaires, Lilou choisit le poste de l’ombre : libéro. Pour amorcer sa carrière collégiale avec les Nordiques, elle passe stratégiquement du poste de passeuse à celui de libéro — entre autres en raison de sa grandeur. « Je dois être leader et protéger mon plancher. Essayer toutes les balles, c’est mon mindset. » Elle admire Lexi Rodriguez, qui a rendu ce poste plus visible et inspirant. Et elle arbore fièrement le chandail de couleur différente, symbole des spécialistes défensives.

Forger son mental dans l’adversité

Durant son deuxième été avec l’équipe Laurentides Espoir, Lilou se blesse trois doigts de la main gauche. La seule passeuse du groupe. Pourtant elle continue. Bande ses doigts avec les conseils de sa physio sur Facetime. Bains de contraste tous les jours. Avec l’aide de son entourage et de la famille qui l’hébergeait, elle transforme l’épreuve en tremplin.

Sport, études et maturité

Ayant sauté une année au primaire, Lilou entre au cégep à seulement 16 ans et joue pour les Nordiques au niveau collégial. Pour tenir le rythme, elle choisit cinq cours par session sur trois ans. « Parfois je me dis : applique-toi comme si tu étais au volley. » Elle étudie en sciences de la nature, garde la physiothérapie en tête et se découvre une envie de coacher.

L’ancrage familial

Sa mère Émilie est de tous les déplacements, même les plus longs Mont-Laurier – Sainte-Thérèse du vendredi soir. Lilou n’oubliera jamais le moment où sa mère est apparue en surprise à son premier championnat national en Alberta. Chez les Legault, on a toujours pratiqué au moins un sport : un héritage qui se voit dans sa détermination.

L’avenir déjà en mouvement

Dans cinq à dix ans, Lilou se voit encore sur les bancs d’école, coach sur les terrains, marathonienne avant 25 ans. Elle ne se lève pas chaque matin pour une médaille mais pour apprendre, s’améliorer, transmettre.

Une leçon pour tous

« Le sport m’a appris la résilience. Tu sors toujours de ta zone de confort, tu montes des montagnes et tu en ressors plus fort. Je ne serais pas la même personne sans le volleyball. »

En résumé

• Talent précoce : entrée au collégial à 16 ans.

• Polyvalence : changement stratégique de passeuse à libéro.

• Persévérance : 25 services consécutifs à la Coupe de Montréal.

• Valeurs solides : famille, gratitude, études.

Lilou Legault est plus qu’une athlète prometteuse. Elle est l’exemple vivant qu’à force de cœur, d’effort et de passion, on peut transformer chaque match en leçon de vie.